jeudi 9 septembre 2010

Communauté internationale bahá’íe
(ong)

Qu’est-ce que la prospérité ?
Alternatives à une culture de consommation

Contribution à la dix-huitième session
de la commission des Nations Unies
pour un développement durable.
3 mai 2010, New-York

Sur un fond de changement climatique, de dégradation environnementale et de différences extrêmes et paralysantes entre riches et pauvres, la transformation d’une société de consommation effrénée en une culture de la durabilité se développe de plus en plus dans tous les pays, en grande partie grâce aux efforts d’organisations de la société civile et d’agences gouvernementales. Au-delà d’actions politiques bien fondées et de « techniques plus vertes », cette transformation exigera un examen approfondi de notre compréhension de la nature humaine et des structures culturelles qui motivent les gouvernements, le monde des affaires, l’éducation et les médias du monde d’aujourd’hui. La question de savoir ce qui est naturel et ce qui est juste doit être retravaillée en profondeur. Le problème d’une production et d’une consommation durables, à l’ordre du jour de cette commission, devra être plus largement considéré dans le contexte d’un ordre social en souffrance, caractérisé par l’esprit de compétition, la violence, les conflits et l’insécurité.
Pour contribuer au bilan sur les dix ans du Cadre pour les programmes de production et de consommation durables, la Communauté internationale bahá’íe aimerait d’abord exposer les atouts de ce Cadre avant de développer le point de vue évoqué ci-dessus et d’identifier les problèmes qui nécessitent plus d’élaboration. Dans les éléments positifs du bilan on peut noter la préoccupation pour les aspects économiques, sociaux et environnementaux de la transition vers une production et une consommation durables, dépassant ainsi les barrières qui pendant trop longtemps ont compartimenté ces domaines. Le Cadre reconnaît le lien entre ces différents thèmes : éducation, capacités institutionnelles à bâtir, participation des femmes, utilisation des savoirs indigènes, etc. Dans le monde entier il a cherché à impliquer les parties prenantes grâce à des consultations régionales et a fait appel aux acteurs à tous les niveaux de la société pour atteindre ces buts.
Pourtant, bien que le Cadre cherche à promouvoir la transition vers une production et une consommation durables (ce qui est une critique implicite des valeurs et des normes culturelles qui proposent la consommation à tout prix) un certain nombre de conceptions sous-jacentes devront être mises en question et, bien souvent, modifiées afin de progresser vers ces buts. En particulier la conception de la nature humaine, du développement (ainsi que la nature du progrès et de la prospérité), la nature et les causes des récentes crises économiques, les procédés de développement économiques et les buts et les moyens de l’éducation des enfants. Nous invitons tous ceux qui sont impliqués activement dans la promotion d’une production et d’une consommation durables, à engager avec nous un dialogue sur ces questions. Apprenant ainsi des différents points de vue et des expériences de chacun, nous pourrons, ensemble, améliorer nos efforts pour construire une société juste et durable.

La nature humaine
La nature humaine est une question qui doit prendre une place importante dans le discours sur la production et la consommation durables puisqu’elle nous encouragera à examiner de nouveau, au plus profond de nous, ce que nous sommes et quel est notre but dans la vie. L’expérience humaine est essentiellement d’ordre spirituel ; elle est enracinée dans une réalité intérieure - ce que certains appellent l’âme - que nous partageons tous. Pourtant, la société de consommation a tendance à réduire les êtres humains à d’insatiables consommateurs en compétition les uns avec les autres, en des objets manipulés par le marché. On admet couramment qu’il existe un conflit insoluble entre ce que veulent vraiment les gens (c’est-à-dire consommer plus) et ce dont a vraiment besoin l’humanité (c’est-à-dire un accès équitable à toutes les ressources). Comment résoudre cette contradiction paralysante qui veut que, d’une part, nous désirions un monde de paix et de prospérité et que d’autre part les théories économique et psychologique décrivent les êtres humains surtout comme des esclaves de leur égoïsme ? Les qualités nécessaires pour construire un ordre social plus juste et durable : modération, justice, amour, raison, esprit de sacrifice et de service envers le bien commun, sont trop souvent qualifiées d’idéaux naïfs. Pourtant ce sont ces qualités et d’autres qui leur sont proches, qui doivent être utilisées pour dépasser les aspects égoïstes : cupidité, apathie, violence, qui trop souvent sont récompensés par les schémas actuels d’une production et d’une consommation non viables propagés par les forces politiques et le marché.

Une vision du développement
De même, du discours public sur la nature la nature humaine, sur le but de son développement et sur les rôles assignés à ses protagonistes, une vision claire de la durabilité doit émerger.
Pour la Communauté internationale bahá’íe, la transition vers une production et une consommation durables doit être une entreprise mon-diale qui permette à tous les individus de remplir leurs buts jumeaux, à savoir : développer leurs potentialités et contribuer à l’amélioration de la communauté dans son ensemble.
Il ne suffit pas de concevoir une production et une consommation durables en termes de création d’opportunités pour que ceux qui vivent dans la pauvreté satisfassent leurs besoins essentiels. En gardant présent à l’esprit que chaque individu peut contribuer à la construction d’une société plus juste et pacifique, il s’agit plutôt d’arranger ces procédés de sorte que chacun ait la possibilité de jouer le rôle qui lui revient de droit en tant que membre productif de la société. C’est dans ce cadre qu’une production et une consommation durables devraient être caractérisées comme le processus qui répond aux besoins matériels, sociaux et spirituels de l’humanité dans toutes ses générations et qui permet à tous de participer au progrès constant de la société.
Aujourd’hui, le progrès, sur le plan politique comme sur le plan technique, doit être accompagné d’un dialogue sur les fondations éthiques du changement systémique nécessaire, dialogue qui doit se faire avec les ruraux et les citadins, avec les pauvres et les riches, avec les hommes, les femmes et les jeunes. Un ordre social durable sera caractérisé, entre autres, par une éthique de réciprocité et d’équilibre à tous les niveaux de l’orga-nisation humaine. On peut le comparer au corps humain dans lequel des millions de cellules collaborent pour rendre possible la vie humaine. Leur diversité étonnante de formes et de fonctions est unie en un système d’échanges qui dure une vie entière et qui représente la plus haute expression de l’unité dans la diversité. Dans ce système, le concept de justice est incarné dans la compréhension que les intérêts de l’individu sont inextricablement liés avec ceux de la communauté. Cette recherche de la justice dans le cadre de l’unité (dans la diversité) peut servir de guide à une délibération et une prise de décision collectives et permet d’atteindre l’uni-té de pensée et d’action recherchée. Au final, le changement nécessaire pour se lancer dans une production et une consommation durables ne demandera rien de moins qu’une transformation organique de la structure de la société de manière à refléter pleinement l’interdépendance de l’ensemble du corps social ainsi que ses connexions avec le monde naturel qui la soutient.
Parmi ces transformations dont certaines font déjà l’objet de débats publics considérables, on trouve : la conscience d’une citoyenneté mon-diale, la fédération finale de toutes les nations grâce à un système intégré de gouvernance ayant la capacité de prendre des décisions au niveau mon-dial, la création de structures qui reconnaissent l’humanité dans son ensemble comme propriétaire des ressources terrestres, l’établissement de l’égalité complète entre hommes et femmes, l’élimination de toute forme de préjugé, la création d’une monnaie universelle et de mécanismes intégrateurs promouvant une justice économique mondiale, l’adoption d’une langue auxiliaire internationale pour faciliter la compréhension mutuelle, le transfert des énormes dépenses militaires vers des projets sociaux constructifs.

Crise du système économique actuel
On sait que le système de développement dominant dépend pour sa survie d’actifs consommateurs de biens matériels. Dans ce système, des niveaux de consommation en progression constante sont vus comme des indicateurs de progrès et de prospérité. Cet intérêt exclusif pour la production et l’accumulation d’objets et de confort matériel comme sources de sens, de bonheur et d’approbation sociale, occupe tout l’espace dans les structures de pouvoir et d’information à l’exclusion d’autres voix différentes et d’autres paradigmes. Cette satisfaction effrénée des besoins et des désirs a créé un système dépendant essentiellement de la consommation excessive de quelques-uns en renforçant la pauvreté et l’exclusion d’une grande partie de la population. Chaque crise mondiale, qu’elle soit climatique, énergétique, alimentaire, de l’eau, pandémique ou financière, a révélé de nouvelles dimensions des capacités d’oppression et d’exploitation inhérentes aux schémas actuels de production et de consommation. Le contraste entre la consommation des objets de luxe et le coût pour acquérir les besoins de base est frappant : L’éducation élémentaire pour tous coûterait environ 10 milliards de dollars alors qu’on dépense aux États-Unis 82 milliards par an pour l’achat de cigarettes ; éradiquer la faim dans le monde coûterait 30 milliards de dollars ; l’accès à l’eau potable et à une hygiène publique pour tous coûterait 10 milliards de dollars alors que le budget militaire mondial se montait en 2008 à 1,55 million de millions de dollars…
La vision étroitement matérialiste qui sous-tend la pensée économique moderne a contribué à la dégradation du comportement humain, au démantèlement de la famille et des communautés humaines, à la corruption des institutions publiques et à l’exploitation et la marginalisation de larges segments de la population, les femmes et les filles en parti-culier. Sans conteste, l’activité économique et le renforcement de l’éco-nomie (un processus qui peut inclure la croissance économique mais qui n’en est pas synonyme) ont un rôle central à jouer pour rendre prospère une région et sa population. Néanmoins, le changement vers une société plus juste, plus paisible, plus durable devra se concentrer sur le développement d’un dynamisme harmonieux entre les dimensions matérielles et « non-matérielles » (ou morales) de la production et de la consommation. Cet aspect moral sera particulièrement important pour établir les fondations de relations humaines justes et pacifiques, notamment la production de connaissances, la culture de la confiance et de la loyauté, l’éradication du racisme et de la violence, la promotion des arts et des sciences, la capa-cité à collaborer et à résoudre les conflits de manière non-violente.
Dans ce contexte, il est important d’insister sur la relation qui existe entre la production et l’emploi qui est une dimension cruciale d’une économie forte. Trop souvent, une augmentation de la productivité est accompagnée, dans une région, de délocalisation ou d’un passage à l’automatisation avec pour conséquence l’augmentation du chômage. La recherche effrénée du profit maximum a toujours cherché à réduire la force de travail. Dans le système actuel, le chômage et le sous-emploi augmentent et la majorité de la population mondiale ne gagne pas assez pour assouvir ses besoins élémentaires. Et, toujours dans ce système, les pauvres n’ont aucun moyen de s’exprimer.
Une production durable ne suppose pas seulement une technique plus écologique mais devrait impliquer des systèmes qui permettent à tous les êtres humains de contribuer au processus productif. Dans un tel système, tous seraient producteurs et tous auraient la possibilité de gagner (ou de recevoir s’ils sont incapables de le gagner) suffisamment d’argent pour répondre à leurs besoins élémentaires. Le travail n’est pas seulement le moyen de créer de la richesse et de répondre à ses besoins quotidiens, mais il doit donner un rôle à l’individu dans la communauté, développer ses capacités, épanouir sa personnalité, rendre service et contribuer au progrès de la société.

Le développement technologique
Le Cadre des Programmes met en avant l’importance du transfert techno-logique et du partage des connaissances pour atteindre le niveau d’une production et d’une consommation durables. Pourtant, la majorité du développement technologique est porté par les forces du marché qui ne reflètent pas les besoins élémentaires des peuples du monde. De plus, l’insistance placée sur le transfert technologique, sans l’accompagnement qui augmente la participation dans la création et l’application de la connaissance, ne peut qu’agrandir le gouffre qui sépare les riches et les pauvres, les développeurs de technologie et ses utilisateurs. À la lumière des besoins so-ciaux et des contraintes environnementales, il sera vital pour le progrès social de développer la capacité à identifier les besoins techniques et la capacité à innover et à adapter la technologie à ces besoins. Cette transformation de réalités sociales complexes exigera le développement, au cœur des populations locales, d’institutions capables de créer et d’appliquer la connaissance de manière à répondre aux besoins précis de cette population. Cette question de la création d’institutions capables, autrement dit, l’établissement de centres régionaux de recherche et d’apprentissage, cons-titue le défi principal à résoudre pour arriver au développement durable. Mais si ce but était atteint, le déséquilibre mondial actuel du flux de connaissances serait arrêté et la réflexion sur le développement serait séparée des processus mal conçus de la modernisation. Les techniques modernes seraient enfin caractérisées par une orientation vers les besoins locaux et les prio-rités prendraient en compte la prospérité matérielle et morale de la société vue comme un tout.

Éducation
Le Cadre pour les programmes considère que l’éducation d’une part et la création des conditions qui permettent la création d’institutions nécessaires d’autre part sont deux des programmes qui pourraient aider à la mise en œuvre d’habitudes de production et de consommation durables. Pourtant, pour réussir à changer en profondeur l’esprit des gens et les structures de la société, étapes nécessaires pour atteindre la durabilité, il faudra repenser la nature même du processus d’éducation. Pour commencer, le programme éducatif doit être basé sur une vision nette de la société dans laquelle nous désirons vivre et du genre d’individus qui sauront la créer. Il doit aider les étudiants à réfléchir sur le but de la vie et à sortir de leur environnement culturel pour développer d’autres visions et d’autres solutions aux problèmes qui les concernent, à comprendre les nombreuses implications de leurs attitudes et à les corriger en conséquence.
Les écoles aussi participent au processus de transformation sociale. Les programmes scolaires ne devraient pas avoir pour seul but l’acquisition des connaissances et des techniques ; ils doivent avant tout chercher à développer l’énorme potentiel inhérent à chaque être humain. Les individus doivent être secondés pour arriver à canaliser ce potentiel vers l’amélioration de leurs communautés et de la société dans son ensemble. Le niveau de conscience, le profond esprit de service et de collaboration qui sont nécessaires pour transformer les attitudes individuelles et diriger les forces institutionnelles vers la durabilité demandent une transformation du processus éducatif à la mesure de la tâche à entreprendre.

La communauté bahá'íe et la transformation culturelle
Une transformation culturelle implique des changements bien pensés dans les choix individuels, dans les normes et les structures institutionnelles. Dans le monde entier, la communauté bahá’íe s’efforce systématiquement depuis plus de dix ans d’effectuer chez les individus et dans les communautés une transformation allant dans le sens de développer la capacité à servir les autres et à motiver les gens pour le faire. Le cadre des actions inspirant ces activités est enraciné dans une dynamique d’apprentissage caractérisée par l’action, la réflexion et la consultation. Dans des milliers de communautés les bahá’ís ont entrepris dans leur voisinage un processus qui cherche à rendre les individus, quel que soit leur âge, capables de reconnaître et de développer leurs capacités spirituelles et de canaliser leurs énergies collectives vers l’amélioration de leurs communautés. Conscients des aspirations des enfants et de leur besoin d’une éducation spirituelle, ils ont commencé des classes pour enfants focalisées sur la création des bases pour acquérir un caractère noble et droit. Pour les jeunes de 11 à 14 ans, ils ont créé un environnement pédagogique qui les aide à former, à ce moment crucial de leur vie, leur identité morale et à développer les compétences qui leur permettront de canaliser leurs énergies créatrices et constructives vers l’amélioration de leur communauté. Tous sont invités à participer à de petits groupes participatif centrés sur des concepts et des thèmes qui encouragent les individus à devenir des acteurs de changement dans leur communauté, dans le cadre d’un apprentissage dynamique et d’une orientation vers l’acte de servir les autres. Les programmes sont continuellement mis à jour à la lumière des nouvelles connaissances. Le changement culturel est évident dans la capacité augmentée des participants à mener à bien une action collective, de se voir chacun comme un agent du changement de sa communauté, comme un étudiant humble et comme un participant actif dans la création, la diffusion et l’application des connaissances. Ce cycle continu d’apprentissage par l’action, la réflexion et la consultation a augmenté leur sensibilité aux besoins et aux ressources disponibles entre communautés et a renforcé les mécanismes d’action et de délibération collectives. De plus, des professionnels venant de différents secteurs se sont organisés en associations inspirées des principes et des valeurs bahá’íes pour travailler à la production et à la consommation durables. Le European Bahá’í Business Forum et ses filiales dans d’autres continents travaillent avec les entrepreneurs pour les aider à trouver des motivations sociales au-delà du simple profit, notamment la durabilité dans les procédés de production qui relève de la responsabilité des entreprises. Le Forum International pour l’environnement travaille depuis longtemps à la promotion de styles de vie durables et d’une consommation plus éthique, y compris en participant à l’ancien Réseau des Citoyens Consommateurs d’Europe et maintenant au Partenariat pour l’Éducation et la Recherche d’une manière de vivre responsable.
La redéfinition des normes culturelles à la lumière des exigences de justice et de durabilité progresse rapidement. À divers degrés, des institutions importantes : gouvernements, instituts pédagogiques, médias, mais aussi entreprises, organisations religieuses, société civile, sensibilisent aux valeurs de la durabilité un public réceptif. Des visions plus larges de ce que doit être la prospérité et le but de l’homme sur terre se retrouvent au centre du discours public. Il devient de plus en plus clair que la voie vers la durabilité passe par la délégation des responsabilités, la collaboration de tous et un processus continu de remise en question, d’apprentissage et d’action et ce, dans toutes les régions du monde. Cette durabilité sera faite des expériences des femmes, des hommes, des enfants, des riches et des pauvres, des gouvernants et des gouvernés dans la mesure où chacun devra pouvoir jouer son rôle dans la construction d’une société nouvelle. La marée de la société de consommation, avec la frénésie d’achats, la pauvreté extrême et la marginalisation qui en découlent, découvrira en refluant la plage des capacités humaines pour la justice, la solidarité et le bonheur.



•• NOTES ••

[i] L’objectif premier du Cadre décennal pour les programmes (CDP) est d’être un cadre mondial pour des actions de production et de consommation durables que les pays peuvent entreprendre afin d’accélérer le changement vers des modes de production et de consommation durables et par là même promouvoir un développement économique et social en accord avec la capacité des écosystèmes à les supporter et rompre le lien entre la croissance économique et la dégradation de l’environnement. Le défi principal n’est pas seulement d’élaborer les principaux programmes du Cadre mais aussi de fournir les mécanismes de leur mise en œuvre (support financier, élaboration des capacités nécessaires, assistance technique). Voir : Proposed Input to CSD 18 and 19 on a 10 Year Framework of Programmes on Sustainable Consumption and Production. Third Public Draft (2 September 2009). Prepared by the Marrakech Process Secretariat: UN Department of Economic and Social Affairs (UNDESA) and UN Environment Programme[http://esa.un.org/marrakechprocess/pdf/
(UNEP).Draft3_10yfpniputtoCSD2Sep09.pdf]

[ii] « Considérer le système économique comme ayant un cycle de vie permet de structurer l’approche générale du CDP et d’identifier clairement les points d’action et les acteurs possibles. Cela permet de se focaliser soit sur la production soit sur la consommation, ou sur les deux à la fois, tout en prenant en compte l’impact économique, social et environnemental des produits et des services tout au long de leur cycle de vie. Parce qu’il se base sur l’estimation complète des ressources utilisées dans la roductiondes biens et la fourniture des services ainsi que sur les rejets et les déchets qui en découlent, ce point de vue permet une vision holistique de toutes les possibilités d’action pour remédier à des problèmes ou pour intervenir en synergie tout au long de la chaîne de production et de consommation. » Proposed Input to CSD 18 and 19 on a 10 Year Framework of Programmes (voir Note 1).

[iii] Ibid.

[iv] « Les énergies immenses que la guerre économique ou politique dissipe et gaspille seront consacrées à étendre la portée des inventions humaines et du développement technologique, à accroître la productivité de l'humanité, à exterminer la maladie, à pousser plus avant la recherche scientifique, à hausser le niveau de la santé physique, à rendre le cerveau humain plus vif et plus subtil, à exploiter les ressources de la planète jusque-là insoupçonnées et inemployées, à prolonger la vie humaine, et à développer tout autre moyen propre à stimuler la vie intellectuelle, morale et spirituelle de la race humaine tout entière. » Shoghi Effendi, l’ordre mondial de Bahá’u’lláh, chap 7 p. 198, Maison d’Éditions bahá’íes, Bruxelles, 1993). (www.bahaibiblio.org/...ordre_mondial_sommaire.htm)

[v] Selon l’institut Worldwatch, la consommation par personne a presque triplé entre 1960 et 2006.(Worldwatch Institute, State of the World 201: The Rise and Fall of Consumer Cultures. New York: W.W. Norton & Company, 2010.) 60 milliards de tonnes de ressources sont extraites annuellement, 50 % de plus qu’il y a trente ans. (Tim Jackson, Prosperity without growth? The transition to a sustainable economy. London: Sustainable Development Commission. March 2009; http://www.sd-commission.org.uk/publications/downloads/ prosperity_without_growth_report.pdf). En 2005, l’Évaluation de l’Écosystème du Millénium a estimé que 60% des services fournis par l’écosystème : régulation du climat, ressources en eau douce, traitement des déchets, pêche, etc. étaient soit dégradés soit utilisés de manière non durable. (Millennium Ecosystem Assessment, Ecosystems and Human Well-Being: Synthesis. Washington, DC: Island Press, 2005.)

[vi] Action Aid (United Kingdom). Fact File. (http://www.actionaid.org.uk). Voir aussi : Sperling, Gene B. (Director of the Center for Universal Education, USA). The Case for Universal Basic Education for the World’s Poorest Boys and Girls. November 2005. (Council on Foreign Relations, www.cfr.org).

[vii] The Case for Center for Disease Control and Prevention. Economic Facts About U.S. Tobacco Use and Tobacco Production. (Cites 2005 data). [http://www.cdc.gov/tobacco/data_statistics/fact_sheets/economics/econ_facts/index.htm].

[viii] United Nations. Press Release. Secretary-General Calls for $30 Billion to Restructure World Agriculture, Create Long-Term Food Security. 30 November 2008. [http://www.un.org/esa/ffd/doha/press/foodsideevent.pdf]

[ix] « On estime qu’il faudra entre 10 et 18 milliards de dollars US pour réduire l’écart entre les tendances actuelles et les besoins pour atteindre les buts. » United Nations Department of Public Information. Press Release. Secretary-General, addressing side event, spells out areas ‘crying out for action’ to advance implementation of water and sanitation agenda. 25 September 2008. [http://www.un.org/News/Press/docs/2008/sgsm11813.doc.htm].

[x] International Institute for Strategic Studies.[http://www.iiss.org/whats-new/iiss-in-the-press/february-2010/report-military-spending-unaffected-by-recession/]

[xi] Tout comme le corps physique a des capacités de mouvement, de croissance, etc. l’âme a des capacités qui peuvent être développées. Par exemple, la conscience, le pouvoir de l’intellect et la pensée rationnelle, la capacité à aimer, la volonté, la capacité à lancer sur le long terme des actions pour améliorer la société…

[xii] International Environment Forum: www.iefworld.org

[xiii] Partnership for Education and Research about Responsible Living: http://www.hihm.no/hihm/Prosjektsider/CCN/PERL BIC Document #10-0503

traduction personnelle de Pierre Spierckel

jeudi 29 avril 2010

Les béatitudes
‘Abdu’l-Bahá
Mai 1913

Heureux le charitable, car il héritera de la vie éternelle.
Heureux l’indulgent pour les fautes des autres car il jouira de la béatitude divine.
Heureux celui qui fréquente tout le monde dans une joie contagieuse, car il obéit aux ordres de Bahá’u’lláh.
Heureux celui qui aime tous les hommes car il suit les conseils de Bahá’u’lláh.
Heureux celui qui est est bon avec ses ennemis car il marche dans les pas du Christ.
Heureux qui proclame la doctrine de la fraternité spirituelle car il sera enfant de la lumière.
Heureux le tendre et compatissant car il ne jettera de pierre à personne.
Heureux celui qui ne dit de mal de personne car il accomplit le bon plaisir du Seigneur.
Heureux celui qui ne montre pas les péchés des autres car il sera élu au seuil du Tout-Puisant.
Heureux celui qui pardonne car il gagnera les faveurs spirituelles de Dieu
Heureux celui qui ne diffuse que les doux parfums des fleurs de l’amitié et de l’association car il obtiendra une part généreuse des libéralités du Miséricordieux.
Heureux celui qui enseigne l’union et la concorde car il brillera comme une étoile du ciel.
Heureux le miséricordieux qui pratiquent la coopération car il sera entouré des bénédictions célestes.
Heureux celui qui réconforte l’opprimé car il sera l’ami de Dieu.

Extrait d’une lettre de Mirza Ahmad Sohrab à Harriet Magee, publiée dans Star of the West (Chicago) vol. n° 19 p. 38-39.

samedi 17 avril 2010

‘Abdu'l-Bahá, sur l'amour


Sache, en toute certitude, que
l’amour est le secret de la sainte
révélation de Dieu, la manifestation
du Très-Miséricordieux, la
source des effusions spirituelles.
L’amour est la douce lumière cé-
leste, le souffle éternel du Saint-
Esprit qui vivifie l’âme humaine.
L’amour est la cause de la révélation
divine à l’homme, le lien
vital inhérent à la réalité des
choses, en harmonie avec la création
divine.
L’amour est le seul moyen de
procurer la félicité véritable, en ce
monde et dans l’autre.
L’amour est la lumière qui
nous guide à travers les ténèbres,
le lien vivant qui unit Dieu à
l’homme et fait progresser toute
âme illuminée.
L’amour est la très grande loi
qui régit ce puissant et céleste
cycle, l’unique pouvoir qui relie les
divers éléments de ce monde matériel,
la force magnétique suprême
qui dirige les mouvements
des sphères dans les célestes
royaumes.
L’amour révèle, avec une
puissance infaillible et illimitée, les
mystères latents de l’univers.
L’amour est l’esprit de vie
qui anime le corps embelli de l’humanité
; il est la cause de la civilisation
véritable en ce monde
mortel, et il dispense une gloire
impérissable sur tout peuple et
toute nation aux nobles idéaux.

mercredi 3 février 2010

Un poème de Tahéréh

Tahéréh qui est la grande poétesse de l'Iran du XIXe siècle, ardente disciple du Báb le Précurseur de Bahá'u'lláh. Ce poème fut traduite en anglais par Dick Davis. Voici mon humble tentative à le rendre en français :

Si je devais te rencontrer un jour, face à face, les yeux dans les yeux
Je te conterai mes malheurs, un à un, soupir après soupir.
Mais, comme le vent, je te cherche - où pourrions-nous nous rencontrer ? -
allant de porte en porte, de maison en maison, de rue en rue.
Où est cette bouche petite ? Où est cette joue parfumée ?
Cherchant de bourgeon en bourgeon, de fleur en fleur, de rose en rose
mon cœur saigne sans cesse comme on pleure,
coulant de ru en ru, de ruisseau en ruisseau, de mer en mer.
Ma vie est tissée d’amour ; abandonné, ce cœur que tu brisas
est maintenant tien - fil à fil, chaîne à chaîne, trame à trame.